Lauvitel & tour de Pied Moutet

Mars 2021, le soleil s'est installé depuis 4 semaines au dessus de l'Oisans. Sa compagne nommée chaleur a nettement fait fondre l'épaisse couche de neige des mois précédents. Dans ce contexte printanier, le traileur est tout heureux de sortir son short pour parcourir dès à présent les sentiers de montagne.


Voici le contexte qui a inspiré cette sortie en direction du Lac du Lauvitel (ou Lauvitel tout court puisque que le "Lau" du nom veut dire lac). Le départ est ensoleillé depuis Les 2 Alpes mais la chaleur va rapidement se situer dans les jambes avec une descente de Venosc en guise d'apéritif. Pour les non-initiés, c'est 650 mètres de dénivelé à descendre en moins de 3 kilomètres. Une petite douceur à faire dans les 2 sens ! 😁

Le village de destination, si mignon, paraît endormi. Je le traverse rapidement pour prendre la direction de la belle et pure rivière de la vallée : le Vénéon. Quelques kilomètres le long puis en forêt, le temps de se faire doubler puis redépasser avec fierté un vtt qui aura donc perdu son combat contre mes mollets dans une montée. 😇



Le hameau de la Danchère est alors atteint. Loin de son activité estivale mais clairement pas soporifique, lui ! La montée qui débute vers le Lauvitel sera à cette image avec pas mal de monde bien sympathique doublé ou croisé. L'ascension démarre tranquillement, sur ses fameux cailloux complètement secs. Je prends un bon rythme constant de bas en haut, en restant sur de la marche rapide, tout de même assez exigeante sur ces pentes soutenues. Mais le plaisir est là, cet effort modéré me fait garder un cardio très bas ainsi qu'une tranquillité et une joie qui devaient se lire sur mon visage. Peu à peu le terrain change avec de plus en plus de neige, souvent verglacée donc dure mais glissante. La montée est belle, et se prépare à dévoiler la délicieuse récompense : Le Lauvitel gelé dans son grandiose décor enneigé et ensoleillé.



Malgré moins de degrés que de doigts sur une main, il fait très bon avec notre étoile qui brille et tape fort ! Je profite quelques minutes à observer ce doux spectacle avant de repartir presque à contre-cœur. Le descente débute et ma prédiction faite 30 minutes plus tôt se réalise : "je ferai moins le malin en descente". En effet, ça glisse beaucoup et je ne suis pas mécontent de croiser et échanger quelques mots avec des gens, ce qui me permet de ralentir un peu discrètement... Puis arrive un groupe d'une dizaine de personnes assez jeunes. Le premier lance à haute voix : "attention, il y a Alain Bernard qui arrive !". Sourire extérieur pour cette flatterie gratuite et explosion de rire intérieur : comment trouver un sportif plus différent d'un traileur qu'Alain Bernard ? Vous avez 4 heures, bon courage !



La fin de cette nouvelle longue descente arrive et je m'apprête à me lancer dans une nouvelle bataille : le tour de Pied Moutet par le Sappey. C'est un chemin vertigineux en balcon qui part de Venosc pour faire le tour de la montagne. Je dois y accéder par une difficile montée d'1km puis continuer ce fameux chemin pour une première section de 650 mètres de dénivelé en 3,5km. Et bien sûr, à l'image de l'ensemble de cette sortie, le terrain est technique, ce qui me fait me rendre compte de ma vitesse moyenne famélique : plus de 10 minutes par kilomètre. Mais peu importe, le chemin est extraordinaire entre pierriers, vue sur les Écrins et passages dits "délicats".


  1. Un panneau "passage délicat" lui-même dans une situation délicate

  2. Le passage dit délicat

  3. Un des gigantesques pierriers


Pas de nouvel éboulement cet hiver, ce qui efface ma crainte de demi-tour. Ce bel effort - qui me rend compte que je manque d'eau - m'emmène ainsi jusqu'à ce fameux ancien village isolé du Sappey (il comptait tout de même 50 habitants à la fin du 19ème siècle).



Mais sans trop penser à établir mon foyer ici, je poursuis ma route avec le retour de la neige au sol puisqu'on bascule sur un versant moins bien exposé. Entre ces étendues blanches et la forêt, j'avance un peu avant de complètement perdre la trace du chemin. Dans ce coin, il n'y a visiblement pas eu beaucoup de passages cet hiver ! Après une dizaines de minutes à vagabonder en forêt avec au moins 30cm de neige et une fatigue qui commencer à me saluer gentillement, je retrouve finalement le chemin. Et surprise, quelques traces de pas... Ce qui est assez pratique pour marcher un peu plus rapidement dans la neige (car oui courir est décidément un luxe en cette journée). Je suis alors plus ou moins précisément ce sentier blanchi qui m'offre une délicieuse vue sur la plaine de l'Oisans après la forêt.



Une section sans végétation va d'ailleurs m'apporter une nouvelle expérience en ce jour : la traversée d'avalanche. Enfin d'avalanches déjà passées sinon j'aurai eu un petit peu plus de mal à écrire ces lignes. De nombreuses coulées, parfois assez impressionnantes, ont eu lieu cet hiver. Afin d'en garder un souvenir, mes chaussures m'offrent une belle glissade sur la traversée de l'une d'elles, pour une très jolie brûlure sur la jambes gauche.



Après ceci, il ne reste plus qu'à finir le tour sur des chemins plus classiques, habituellement plus fréquentés. En direction de la Molière, puis sur un sentier si verglacé qu'un vendeur de patins aurait pu me convaincre à cet instant. Enfin, le retour via les Balcons de Vallée Blanche qui surplombent la station des 2 Alpes sous l'œil toujours aussi bienveillant de la Muzelle.



Mars réserve donc de belles surprises et des décors étonnants sur nos reliefs. Le corps a bien dégusté et va pouvoir observer tranquillement la neige retomber. Car oui, cette journée était la dernière de cette longue parenthèse printanière de l'hiver.



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