Le Tour des 4 Lacs

Le programme du dimanche était simple, se balader dans les Écrins avec comme seul contrainte rentrer avant la tombée de la nuit ou plutôt avant la fermeture de la télécabine de Venosc, par flemme de finir par 600 de d+.


La journée s’annonce belle, le soleil et la chaleur sont annoncés et m’accompagneront toute la journée. Dès 10 minutes de balade dans la vallée du Vénéon, pourtant encore à l’ombre et au frais, la veste est enlevée et restera au fond du sac à dos toute la journée.

Arrivé au hameau de la Danchère, j’attaque rapidement la première montée du jour. Probablement pressé par la découverte du parcours de la journée, les premiers kilomètres s’avalent rapidement malgré la pente : à peine 30 minutes et j’arrive au Lac Lauvitel. Je continue mon parcours sans m’arrêter en contournant le Lac et en m'attaquant à la montée vers la Brèche du Perier. Je profite rapidement de la vue splendide avec le Lauvitel en contrebas et le plateau des Deux Alpes dont je suis parti en fond.



Après un petit adoucissement de la pente en amont du Lac du Plan Vianney, on rattaque les forts % jusqu’à la brèche. Avant cette dernière partie je récupère de l’eau dans l’une des nombreuses rivières qui seront mes sources d’eaux de la journée, richesse de la montagne.

En haut de la brèche, je décide de continuer mon effort malgré les 2h20 de course et plus de 1600m de d+ avalés. Une petite erreur de parcours et j’attaque la longue descente. Comme attendu, elle est assez cassante, je profite donc d’une rivière à l’ombre pour reprendre des forces et profiter de la vue.



Une fois la course reprise et la descente finie, j’attaque sans transition la montée vers le 3ème lac de la journée. Petit coup de moins bien au début mais rapidement la montée assez roulante se fait très bien en marche rapide et je retrouve des sensations. Après 2 kms de montée, un gros kilomètre de balcon très roulant se présente devant moi. Trop tentant pour ralentir et oubliant que j’ai encore 25 kms devant moi, je continue ce rythme élevé jusqu’au Col de Romeiou avec une vue sur le Lac Labarre. Quelques photos et hop je me lance dans la descente. Le lac me servira juste de rafraîchissement du visage devant des randonneurs bien préoccupés par leur futur bronzage et le goût des chips qu’ils vont avaler.



Comme, pour la première descente, cassante, je m’arrête à mi-chemin à l’ombre près d’une rivière pour reprendre des forces. Une fois requinqué, j’attaque la dernière partie de la descente vers Valsenestre. Taré et profitant de skills dans les descentes techniques appris durant le confinement j’avale assez rapidement la descente pour rejoindre le village.

Je profite d’une fontaine pour faire le plein d’énergie car la fatigue commence à se faire sentir à force d’avancer en débranchant le cerveau. Je rajoute de l’eau, des barres, un gel et met un nouveau t-shirt pour repartir frais comme un gardon.


Une fois reparti, j’attaque rapidement le début de la montée du Col de la Muzelle qui s’effectue sur une longue piste forestière assez roulante. Une marche rapide s’effectue assez bien avec les bâtons. Content de mon rythme, j’arrive au pied de la partie raide vers la bascule de la Muzelle. Le sommet apparaît au « très » loin. Le souci c’est que rapidement le gardon tout frais se transforme en saumon fumé. Les kilomètres sont difficiles, les ressources en eau ont disparu et les rivières portées disparues, aie les problèmes !


Le miracle apparaît à environ 600 mètres du sommet avec un petit ruisseau salvateur qui me permet - couplé à une bonne pause et ayant quasiment asséché la rivière - de repartir avec un rythme décent dans des lacets finaux tellement impressionnants. Me voilà arrivé au sommet, satisfait de mon état après le coup de moins bien.



Le plus dur est sans doute fait, je ne m’attarde pas si longtemps au sommet car un vent frais refroidi le corps. Le début de la descente s’effectue en grande partie dans une neige glissante et boueuse avec une vue vers le dernier lac du jour, celui de la Muzelle. Petit arrêt au stand « eau » à côté du refuge et c’est parti pour une longue descente en direction du point d’arrivée, Venosc.

Bien entamé par 6h de course en montagne, je me surprends à avancer aussi bien et me retrouve plus rapidement que prévu à l’Alleau, surtout quand on connait la technicité de la descente de la Muzelle. Sur l’adrénaline de ce parcours majestueux que je viens de réaliser et avec les quelques forces qui me restent, je fais un petit tour dans Venosc. Car quand on peut atteindre la distance Marathon et qu’on a un égo, on les fait ces fameux 42 kms.


La sortie se termine après 42,37kms, 3637m de D+ et 7h54 avec les pauses. Contrat rempli, parcours magique validé et un objectif : le refaire !

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